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Témoignages

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23.04.2020

Asma

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Je suis actuaire de formation et donc je baignais dans un milieu où la performance était très présente… C’est aussi quelque chose qui fait partie de moi, j’ai toujours été perfectionniste. Je pense que mon environnement a exacerbé ce trait de personnalité. J’ai travaillé presque 8 ans comme actuaire, tout en poursuivant les examens nécessaires à l’obtention de mon titre. Je faisais souvent plus de 80 heures par semaine. Puis, j’ai commencé à avoir un gros mal de tête qui ne me lâchait plus. J’ai fait beaucoup de tests, mais on n’a rien trouvé. Personne ne m’a levé le flag de la santé mentale. Même si quelqu’un l’avait fait, je pense que j’aurais été dans le déni. Pendant deux ans, j’ai vécu avec ces maux de tête jour après jour. Acupuncture, homéopathie, physiothérapie, massothérapie, plusieurs médicaments... Je me disais que j’avais tout essayé.

Puis, il y a eu un matin où je n’ai pas été capable de me lever. Ça m’a déstabilisée, et j’ai réalisé que j’allais devoir arrêter de vivre dans la maison du déni. Je suis allée demander de l’aide psychologique et j’ai été mise en arrêt de travail. J’ai compris que j’étais en dépression. Je suis retournée à un stade de bébé, je n’arrivais plus à prendre soin de moi. C’était difficile de parler, de me montrer vulnérable devant les autres… Je n’aurais jamais témoigné il y a cinq ans. Dans tout ça, j’ai réalisé que c’est une force de reconnaître qu’on ne va pas bien psychologiquement, pas une faiblesse. J’aimerais dire aux gens de ne pas attendre pour aller chercher de l’aide et d’être attentifs aux premiers signes. Quand j’ai commencé à aller mieux, j’ai quitté le domaine de l’actuariat pour me concentrer sur ma passion pour le vin d’artisan. J’ai commencé par travailler dans une agence d’importation privée, ce qui m’a amenée à démarrer ma propre entreprise dans cette industrie que j’adore.

Sans la dépression, je n’aurais pas osé quitter un emploi stable pour faire ça. Je réalise qu’avant, non seulement je travaillais trop, mais il manquait de sens à ce que je faisais. C’est comme si la dépression m’avait permis de recommencer de rêver. C’est un beau cadeau. Aujourd’hui, j’apprends à me permettre d’avoir des journées moins productives. Je pense que ça aiderait notre santé mentale si en tant que société, on se valorisait pour ce que l’on est, et moins par nos accomplissements.

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