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Témoignages

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15.02.2021

David

David Birnbaum

David Birnbaum est député de d’Arcy-McGee et porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé mentale.

À 37 ans, j'ai vécu une dépression majeure, la deuxième de ma vie. L'ampleur de l'angoisse, de l'anxiété et de la noirceur qui m'ont habité sont difficiles à décrire...Si quelqu'un s’était mis devant moi avec une masse dans les mains et qu'il m’avait proposé de la lancer sur mon genou, en me disant que je boiterais un peu pour le reste de ma vie, mais que ma dépression disparaitrait, j’aurais dit oui, tout de suite...J'ai perdu mon père à l'âge de 13 ans et c’est à 37 ans, alors que j’allais devenir moi-même père, que ça m’a vraiment frappé : je n'avais jamais vécu le deuil complètement. Je n'avais jamais pleuré...

Aujourd’hui, je réalise que c’était évident que j'avais des choses à régler. J’ai aussi dû me réconcilier avec le fait que ma famille, que j’adore, a des antécédents sur le plan de la santé mentale. Et à l’époque, j'étais dans une situation de travail très exigeante. Pendant mon arrêt de travail, je me disais souvent : “oh my god, je suis chez moi et pas au travail, comment ça se fait ? Je n’ai pas une jambe cassée, je pourrais travailler…”. Je me demandais comment les gens allaient réagir en sachant que je ne n’étais pas au poste.

Ce qui m'a le plus aidé, ce sont ma conjointe, ma famille, la médication et l'aide professionnelle. Il n’y a pas de solution magique, je pense que c’est un mélange de tous ces facteurs qui m’ont mené vers la guérison. Je suis déterminé à témoigner parce qu’il y a une frontière à briser : je n'ai pas entendu un député qui a parlé de sa propre expérience avec un problème de santé mentale. Comme leaders, nous devons mener la bataille contre la stigmatisation. Je sens qu’en tant qu’élu, j’ai un devoir d’en parler.

Aujourd’hui, j'ai encore mes moments d'anxiété et mes difficultés, mais mes points de repère sont solides, je me sens bien. Si on se réveille le matin avec un mal de gorge, particulièrement dans la période actuelle, on risque de suivre ça de près. Et si on se réveille le matin et qu’on se sent particulièrement triste et vulnérable, il faut que ce soit la même chose, qu'on se donne le droit d'avoir besoin d’aide et d’aller la chercher.

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