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Témoignages

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23.07.2020

Juliette

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J’ai toujours été anxieuse de nature. À 10 ans, j’ai commencé à faire des crises d’angoisse pour ne pas aller à l’école quand mon enseignante, avec qui j’avais tissé un lien de confiance très fort, a quitté. Rapidement, mes parents ont réalisé que ce n’était pas juste un caprice et ils ont demandé de l’aide. J’ai été suivie par plusieurs psychiatres à Sainte-Justine de 10 ans à 18 ans. Mon anxiété était liée à la performance, pas tant au niveau académique, mais vraiment de manière générale, dans un désir d’être la meilleure dans toutes les sphères de ma vie, et une grande peur de décevoir les autres. Mon entrée au secondaire a été vraiment difficile. Chaque cours m’amenait un défi insurmontable. Il en est venu un point où je me réveillais tous les matins à 5h, en état de crise. Toutes les étapes pour me préparer à aller à l’école généraient une attaque de panique… des crises de larmes, des tremblements, des bouffées de chaleur, de l’hyperventilation et des sueurs froides. J’arrivais à l’école épuisée émotionnellement, quand j’arrivais à y aller.

Parallèlement à tout ce que je vivais intérieurement, j’étais capable d’établir des liens amicaux. Ça a toujours été une bouée de sauvetage dans ma vie d’entrer en contact avec les gens. Toute cette anxiété m’a amenée à me sentir très déprimée et j’ai été hospitalisée à Sainte-Justine après avoir fait une tentative de suicide. C’est là que j’ai réalisé que beaucoup de gens de mon âge souffraient aussi, ce qui m’a permis de moins me sentir seule. Je l’ai vu comme une deuxième chance et je me suis promis que plus jamais je n’allais m’abandonner. Encore aujourd’hui, ça peut être difficile d’accepter que ça fasse partie de mon histoire sans m’en vouloir, mais la compassion que je cultive maintenant envers moi-même m’aide à mieux comprendre que j’étais profondément malade. J’ai finalement réussi à terminer mon secondaire. Une intervenante m’a confié que la direction de l’école où j’étais avait eu raison de m’accommoder et que j’avais ouvert la porte à ce que l’établissement accepte plus d’élèves avec des besoins en santé mentale.

Maintenant, je suis à l’université en criminologie, plus précisément en victimologie. Je réalise que mon bagage peut créer des forces, notamment une empathie particulière qui pourra m’aider comme future intervenante. Ça m’a pris des années à le percevoir comme tel plutôt que quelque chose qui me réduit. Aussi, je me permets d’avoir un mode de vie plus lent, pour favoriser ma bonne santé mentale. Je trouve que dans la lenteur, il y a vraiment une prise de conscience de nos besoins.

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