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Témoignages

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05.03.2020

Louis

Louis

Ma femme a été placée en CHSLD en 2017. On était ensemble depuis 37 ans. On a toujours eu beaucoup de respect mutuel, jamais on ne s’engueulait.Un an avant d’être placée, elle avait des signes de démence. Les derniers moments où elle était à la maison ont été vraiment difficiles. J’étais au bord de l’épuisement. Au début, quand j’allais la voir au CHSLD, j’en ressortais tout croche. Au fil des mois, j’ai appris à connaître le personnel et les employés étaient très gentils avec ma femme et moi… ça a fait toute la différence. Tous les jours, j’allais la faire manger, on marchait un peu et on écoutait de la musique classique. Elle appréciait encore beaucoup la musique. Ce qui m’a poussé à aller la voir tous les jours, c’est que je me mettais à sa place. Qu’on appelle ça comme on veut, compassion, ou empathie, moi je ne voudrais juste pas me sentir abandonné.

Une chose qui a été vraiment rough, c’est quand ma femme a commencé à ne plus nous reconnaitre. Une fois, elle ne se rappelait plus de mon nom. Ça, ça rentre dans le derrière de la tête. Ça m’a fait tellement mal, je me rappelle que je suis parti. Ce qui m’a fait du bien pendant cette période-là et encore aujourd’hui, c’est mon chien. C’est de l’amour, il est toujours content de me voir et ça me garde actif parce que je vais marcher avec lui au moins une heure par jour sur le bord de l’eau. J’ai aussi la chance d’être grand-père d’un magnifique petit garçon. Je veux toujours être là pour lui et l’aider à se réaliser et faire ce qu’il aime. C’est important pour moi et ça me fait du bien. Aujourd’hui, j’essaie de voir le verre à moitié plein. Il ne faut jamais lâcher ou baisser les bras malgré tout. Quand il fait mauvais, il faut se serrer les coudes et se dire que le soleil va revenir.

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  • 25.10.2020

    Bonjour Louis, je viens de perdre mon partenaire de 38 ans d’une mort subite (embolie pulmonaire aiguë). Il est mort devant moi en criant mon nom deux fois avant de s’affaisser.  Je me retrouve seule, sans famille et amis, dans une province qui n’est pas la mienne et je me sens dépérir. Je marche dans la nature à tous les jours en essayant de rester à la surface car la dépression me guette à tous les jours. J’ai peur de sombrer, ayant complètement perdu le goût de vivre.  Je veux retourner chez-nous au Québec avec mon monde et mon language mais le Covid m’en empêche. Que faire? 
    Peut-être qu’avoir un animal qui m’attend et est heureux de me revoir est la solution. 
    Merci cher Louis pour la suggestion et au plaisir de peut-être vous  lire encore. Prenez bien soin.
    💕