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Témoignages

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06.07.2020

Juan

Juan

Je suis né en Colombie et je suis arrivé au Québec quand j’avais huit ans. Là-bas, on était une famille très fortunée. Mon grand-père, qui dirigeait l’entreprise familiale, était dans la mire des bandits et était conscient du risque d’être kidnappé pour une rançon. C’était un homme droit et têtu, et il avait demandé qu’on ne paye pas la rançon advenant qu’il soit enlevé. C’est ce qui est arrivé et il a été tué... À partir de là, notre famille a été en danger et en 2005, nous avons été reçus au Québec comme réfugiés. Nous avons dû repartir à zéro et ça a été un choc de voir le changement drastique de nos conditions de vie. Mon grand-père était mon modèle et je voulais être à la hauteur. Je me suis mis énormément de pression pour réussir. J’ai performé dans les sports et à l’école. Je ne me permettais pas de montrer ma fragilité ni même de me mettre en contact avec elle… je devais être invincible. J’ai continué à porter ce masque longtemps, mais les émotions finissent souvent par se faire entendre.

À l’université, j’étais dans un bon stage, j’avais une copine et je n’avais pas de stress financier… c’est comme si je n’avais pas le droit d’être malheureux parce que d’un point de vue extérieur, tout allait bien. Je me rappelle d’un moment déterminant où j’ai fait une grosse crise d’angoisse. Je voyais mon reflet dans le miroir, mais je ne comprenais pas ce qui se passait à l’intérieur de moi. Je ne savais plus qui j’étais. Je me sentais perdu, profondément triste et si seul. J’avais déjà eu des moments comme ça, mais jamais à cette intensité. Tout ce que j’avais enfoui est sorti d’un coup. En même temps, ça a été un soulagement. C’est comme si toute ma vie, quelque chose me picossait en arrière de la tête, mais après cette crise-là, je l’avais devant moi. Ça m’a permis d’entamer un processus d’acceptation et de commencer à faire des choses pour aller mieux.

J’ai fait beaucoup de travail d’introspection à travers l’écriture et de nombreuses lectures. Entre autres, ‘‘The Mask of Masculinity’’ de Lewis Howes. C’est un livre que tous les hommes devraient lire. Je fais également du yoga et de la méditation. La spiritualité m’a vraiment aidé dans l’acceptation. Il y a bientôt un an, inspiré de mon propre cheminement, j’ai fondé avec des amis l’entreprise de vêtements Kool, qui vise à sensibiliser les gens à l’importance de la santé mentale. KOOL est le mot obtenu lorsqu’on donne l’effet miroir au mot ‘‘LOOK’’. Le but est de rappeler l’importance de tourner notre regard vers l’intérieur de soi pour voir au-delà de son reflet dans le miroir.

  • KOOL APPAREL

    KOOL apparel est une marque de vêtements québécoise qui remet 10% de ses profits à des organismes en santé mentale

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  • 29.10.2020

    Bravo Juan pour tes réussites a bien des niveaux