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Témoignages

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07.12.2020

Simon

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Ce témoignage a été réalisé en collaboration avec la Société québécoise de la schizophrénie (SQS). Le mandat de l’organisme est d’offrir de l’aide, de l’information, du soutien, des ressources et de l’accompagnement aux personnes atteintes et aux proches des personnes atteintes de schizophrénie ou de psychoses apparentées : https://www.schizophrenie.qc.ca/fr/


Ce témoignage a été parrainé par Manon Charbonneau, contributrice de notre campagne de financement participatif.

J’ai un diagnostic de schizophrénie depuis 2003. J’ai vécu une déception amoureuse à 19 ans et j’ai été vraiment mal à point pendant 2-3 ans. J’ai commencé à consommer du pot, ça me permettait de cacher ma détresse psychologique. À un moment donné, j'ai craqué. J'ai perdu mon emploi et j'ai eu une altercation physique avec un coloc qui s’en est pris à moi. J'ai eu mes premiers symptômes par la suite. J'avais la sensation de ne pas être dans mon corps et l’impression qu'il y avait des forces occultes autour de moi. J'ai tout perdu mes repères...


Un matin, je me suis réveillé en psychose. Je me suis retrouvé à l’hôpital à deux reprises et la deuxième fois, j’y suis resté deux mois. J'étais choqué d'être retenu contre mon gré... Je me suis chicané avec ma mère, elle voulait que je reste et moi je pensais qu'elle pouvait me faire sortir. J’ai pris une médication, et j'ai arrêté, pensant que je n’étais pas malade. Je suis retombé en psychose pendant deux mois, et ça a été ma dernière hospitalisation. J'ai compris qu'il fallait que je prenne ma médication et je me suis replacé lentement. J'ai participé à des ateliers d’écriture, ça a comme été une bouffée d’air frais. J'ai été suivi par une ergothérapeute et je me suis inscrit à un programme de réinsertion sociale, qui m’a permis de participer à un documentaire sur la schizophrénie, qu’on est allé présenter à Bruxelles.

J'ai ensuite appris l'existence du réseau pairs aidants. J’ai fait la formation, qui a été difficile pour moi. C’était un gros groupe et je vivais de l’anxiété sociale…mais je voulais réussir et je l’ai fait. J’ai été stagiaire à la Société québécoise de schizophrénie, où j’ai ensuite été engagé. Petit à petit, j’ai mieux compris mon rôle et je devenais plus confiant de ce que j’avais à dire, j’arrivais à donner espoir aux gens. Depuis 2011, je rencontre des personnes atteintes de schizophrénie et des familles. J'apprends au contact des autres, et les autres apprennent de moi, c'est un bel échange. J'ai trouvé un emploi, mais c’est plus que ça…c’est une raison de vivre et une mission de vie.

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